Accueil


Infos prat.
   Site géograph.
   Accès
   Arrivée
   Visite
   Horaires

L'Abbaye
   L'esprit du lieu
   L'Association
   La communauté
   La communion
   L'histoire


Vie à l'Abbaye
   Journal
   Agenda
   Événements
   Travaux
   Restauration

Animations
  Conférences
  Ateliers
  Rencontres
  Concerts
  Stages...
 

Visites
   Visite virtuelle
   Horaires
   Groupes
   Scolaires
   Visite individ.


Documents
   Homélies
   Sermons
   Conférences
   Textes divers
   Documents

Librairie
   Horaires
   Veente par
   correspondance
   Bon de
    commande

Liens
   Région
   Diocèse
   Église
   Architecture
   Loisirs....












Texte à bien méditer

Saint Bernard (XII° s.)
De consideratione, I,5,6

Avoir aussi souci de soi
(Exhortation au Pape Eugène III)


    Si  tu veux te donner tout entier à tous à l'exemple de Paul qui s'est "fait tout à tous", j'honore ton humanité, mais à la condition qu'elle soit pleine et totale. Or, comment pourrait-elle l'être si toi-même t'en exclus ? Toi aussi, tu es un homme. Par conséquent, pour que ton humanité soit pleine et entière, il faut qu'elle inclue aussi toi-même dans cette ouverture du cœur que tu destines à tous. Autrement, à quoi te servirait - comme dit le  Seigneur - de gagner l'humanité entière si toi, tu te perdais ? De sorte que, puisque tu es le bien de tous, sois toi-même l'un de ceux-là qui te possèdent. Pourquoi serais-tu le seul à être privé de cette faveur ? Jusques à quand ton esprit va-t-il aller sans qu'il revienne à toi ? Jusques à quand vas-tu oublier de te recevoir toi-même, à ton tour, parmi tous ceux qui se présentent à toi ?
    Tu te dois aux sages et aux incultes, et à toi seul tu te refuserais ?  L'insensé et le sage, l'esclave et l'homme libre, le riche et le pauvre, l'homme et la femme, le vieillard et l'adolescent, le clerc et le laïc, le juste et l''impie, tous se partagent identiquement ta vie ; tous puisent à ton coeur comme à une fontaine publique ; et toi, tu resterais à part, mourant de soif ? Si l'on estime maudit celui qui prend la part la plus mauvaise, que dire de celui qui s'exclut totalement du partage ?
   Oui, que tes eaux se répandent sur les places, qu'hommes et bestiaux s'y désaltèrent ; donne à boire même aux chameaux du serviteur d'Abraham ; mais, au milieu de tous, bois toi aussi l'eau jaillisante de ton puits. "C'est l'étranger qui ne doit pas en boire", selon qu'il est écrit. Serais-tu donc un étranger ? À qui ne seras-tu pas étranger si tu l'es à toi-même ? Celui qui se traite comme moins que rien, envers qui sera-t-il bon ?
    Souviens-toi donc - je ne dis pas toujours, pas même souvent, mais au moins de temps à autre - de te rendre toi-même à toi-même. Comme beaucoup d'autres, ou même après beaucoup d'autres, aies recours à tes services.


(texte publié par l'abbaye d'Orval, Belgique, "Lectures chrétiennes pour notre temps", 1971)

Retour "Documents"